Un
des principaux
objectifs de la mission du Wadi Ramm est une
prospection archéologique de la région. Les sites
sont
souvent découverts grâce au témoignage
des
bédouins vivant dans le Wadi. La méthodologie
employée est le ramassage systématique du
matériel
(pièces lithiques, tessons, matériel de mouture
et de
broyage) et l'observation des structures encore visibles à
la
surface. Tous les sites sont localisés par GPS afin
d'établir une carte de répartition dans le wadi
et une
analyse spatiale.Trois types de sites sont observables : les plus
nombreux sont les abris sous roches comme les sites de al-Ridad,
Qattâr Abû Dhân et Qabr 'Amra. Si les
structures ne
sont pas toujours apparentes, les restes sont assez nombreux pour
suggérer des occupations au moins saisonnières.
De
nombreuses gravures rupestres ou des inscriptions sont aussi
présentes. Le deuxième type se compose de sites
de plein
air ou l'on ne retrouve souvent que des pièces lithiques et
des
tessons. Le troisième type de site se trouve en hauteur,
plus
grand et souvent plus imposant comme le site de al-Ka'aka. Ce sont
probablement des ateliers de taille et de production d'outils
utilisés ensuite dans des petits campements.On retrouve sur
ces
sites l'ensemble des pièces lithiques, de la
matière
brute aux produits finis. Si ce site semble unique dans la
région de Wadi ramm, il en existe d'autres dans les autres
wadis, notamment en Arabie Saoudite avec le site d'al-Tbayq,
près de Kilwa.L'étude de ce matériel
permet une
datation entre le Paléolithique et le
Néolithique.
Les inscriptions rupestres fournissent le témoignage le plus
abondant sur les peuples anciens à Ramm. Elles remontent au
moins au 5ème siècle avant l'ère
chrétienne. Ces inscriptions dévoilent des
langues
proches des dialectes arabes régionaux d'aujourd'hui. Ces
langues sont écrites dans une écriture de forme
géométrique parente des écritures
utilisées
en Arabie du Sud (Yémen), mais elle n'a aucun lien avec
l'écriture arabe de nos jours. Cette graphie a
été
abandonnée progressivement au profit de
l'écriture arabe
islamique.
Les inscriptions qu'on trouve appartiennent à 4 familles
d’écritures :
- Le Sudarabique, utilisé en Arabie du Sud
(Yémen)
dès le 6e siècle avant l'ère
chrétienne
jusqu'au 6e siècle après ;
- Le Nordarabique "thamoudéen", utilisé
sur
l'ensemble de
la péninsule Arabique, avec une concentration dans le Nord,
dès le 6e-5e siècle avant l'ère
chrétienne
jusqu'à probablement le 10e siècle
après ;
- Le nabatéen, utilisé surtout
à
Pétra
(Jordanie) et Madâin Sâlih (Arabie Saoudite)
dès le
3e siècle avant l'ère chrétienne
jusqu'au 2e
siècle après ;
- L'écriture arabe islamique.
Depuis 1996 nous avons enregistré plus de 3000 graffiti
nordarabiques, une dizaine d’inscriptions
nabatéennes, une
trentaine d’inscriptions islamiques et 4 inscriptions
grecques.
Ces inscriptions sont souvent accompagnées de dessins qui
nous
indiquent parfois la raison pour laquelle l’inscription a
été gravée.