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Rapports: 2004
Articles: La Chasse




 





Un des principaux objectifs de la mission du Wadi Ramm est une prospection archéologique de la région. Les sites sont souvent découverts grâce au témoignage des bédouins vivant dans le Wadi. La méthodologie employée est le ramassage systématique du matériel (pièces lithiques, tessons, matériel de mouture et de broyage) et l'observation des structures encore visibles à la surface. Tous les sites sont localisés par GPS afin d'établir une carte de répartition dans le wadi et une analyse spatiale.Trois types de sites sont observables : les plus nombreux sont les abris sous roches comme les sites de al-Ridad, Qattâr Abû Dhân et Qabr 'Amra. Si les structures ne sont pas toujours apparentes, les restes sont assez nombreux pour suggérer des occupations au moins saisonnières. De nombreuses gravures rupestres ou des inscriptions sont aussi présentes. Le deuxième type se compose de sites de plein air ou l'on ne retrouve souvent que des pièces lithiques et des tessons. Le troisième type de site se trouve en hauteur, plus grand et souvent plus imposant comme le site de al-Ka'aka. Ce sont probablement des ateliers de taille et de production d'outils utilisés ensuite dans des petits campements.On retrouve sur ces sites l'ensemble des pièces lithiques, de la matière brute aux produits finis. Si ce site semble unique dans la région de Wadi ramm, il en existe d'autres dans les autres wadis, notamment en Arabie Saoudite avec le site d'al-Tbayq, près de Kilwa.L'étude de ce matériel permet une datation entre le Paléolithique et le Néolithique. Les inscriptions rupestres fournissent le témoignage le plus abondant sur les peuples anciens à Ramm. Elles remontent au moins au 5ème siècle avant l'ère chrétienne. Ces inscriptions dévoilent des langues proches des dialectes arabes régionaux d'aujourd'hui. Ces langues sont écrites dans une écriture de forme géométrique parente des écritures utilisées en Arabie du Sud (Yémen), mais elle n'a aucun lien avec l'écriture arabe de nos jours. Cette graphie a été abandonnée progressivement au profit de l'écriture arabe islamique. Les inscriptions qu'on trouve appartiennent à 4 familles d’écritures : * Le Sudarabique, utilisé en Arabie du Sud (Yémen) dès le 6e siècle avant l'ère chrétienne jusqu'au 6e siècle après ; * Le Nordarabique "thamoudéen", utilisé sur l'ensemble de la péninsule Arabique, avec une concentration dans le Nord, dès le 6e-5e siècle avant l'ère chrétienne jusqu'à probablement le 10e siècle après ; * Le nabatéen, utilisé surtout à Pétra (Jordanie) et Madâin Sâlih (Arabie Saoudite) dès le 3e siècle avant l'ère chrétienne jusqu'au 2e siècle après ; * L'écriture arabe islamique. Depuis 1996 nous avons enregistré plus de 3000 graffiti nordarabiques, une dizaine d’inscriptions nabatéennes, une trentaine d’inscriptions islamiques et 4 inscriptions grecques. Ces inscriptions sont souvent accompagnées de dessins qui nous indiquent parfois la raison pour laquelle l’inscription a été gravée.